La galerie a été créée à Paris en 2010 par le collectionneur d’art Alexandre Lazarew, rejoint par son associée Laura de Pontcharra. Installée depuis 2012 dans le quartier de la place Brugmann à Bruxelles, elle vient de changer de lieu pour ouvrir ses portes dans la cour de la place du Jeu de Balle.
Rencontre avec Marina Feuillate qui dirige depuis un an la galerie à Bruxelles.

Quelle est la ligne directrice commune entre les galeries de Paris et de Bruxelles ?
À Paris et Bruxelles, nous nous consacrons à la découverte d’artistes émergents, à la présentation d’artistes étrangers et à la redécouverte d’artistes confirmés. Dans ces trois démarches, le coup de cœur pour l’artiste et son travail reste notre principale motivation. Ce n’est pas encore évident pour nous car nous ne sommes pas une galerie très reconnue en Belgique. Notre positionnement n’est pas encore tout à fait défini mais nous proposons un travail intermédiaire de qualité avec des artistes que nous choisissons et avec lesquels nous tissons des vrais liens.

Quel était l’objectif d’Alexandre Lazarew et de Laura de Pontcharra lorsqu’ils ont décidé d’ouvrir une galerie à Bruxelles ?
Cela est arrivé par hasard. Nous étions à Bruxelles, près de la place Brugmann et nous avons visité cet espace Avenue Louis Lepoutre. Très vite la décision d’ouvrir une seconde galerie à Bruxelles – laquelle nous offrait une vitrine supplémentaire dans une capitale européenne – nous est apparue logique et intéressante. Nos artistes exposés dans un premier temps à Paris pouvaient ensuite profiter d’une seconde exposition à Bruxelles. Désormais, nous recherchons aussi des artistes belges afin de diversifier notre panel d’artistes internationaux. Nous exposerons ainsi le 26 novembre prochain un artiste belgo-iranien qui vit et travaille en Belgique. Je ne vous en dirai pas davantage…

Pourquoi avoir choisi de quitter le quartier Brugmann pour celui des Marolles ?
Si l’ancienne galerie profitait d’un très beau quartier, ‘le petit Montmartre’, il était trop excentré du cœur battant et vibrant de Bruxelles. La galerie était aussi trop isolée des autres galeries. Aux Marolles, elle profite d’un quartier dynamique en pleine évolution. La présence de nombreuses galeries d’art participe à son émergence et entraîne une émulation positive. Si c’est compliqué de faire nos vernissages en même temps, nous allons nous efforcer d’organiser des événements dans cette cour du Jeu de Balle pour la rendre encore plus attractive. Cet environnement, nous semble plus cohérent pour une jeune galerie bruxelloise. L’espace est aussi beaucoup plus lumineux.

Pourriez-vous évoquer les principales différences entre le marché de l’art français et le marché de l’art belge ?
Nous sommes arrivés sans avoir une réelle connaissance du marché de l’art en Belgique ou à Bruxelles en particulier. À Paris, c’est Alexandre Lazarew et Laura de Pontcharra qui sont responsables. Je découvre pour ma part l’ambiance et l’atmosphère des galeries depuis que je suis à Bruxelles. Je perçois les collectionneurs belges comme étant plus curieux et plus réceptifs que leurs homologues français qui sont plus tranchants avec des idées souvent plus rigides.

Profitez-vous d’un suivi de vos collectionneurs français et/ou avez-vous déjà fidélisé des collectionneurs belges ?
Si certains de nos anciens collectionneurs – notamment du Luxembourg – profitent de la galerie à Bruxelles, celle-ci se développe aussi autour de ses nouveaux collectionneurs belges. In fine, les gens se déplacent facilement, la distance entre Paris et Bruxelles est courte et cette mouvance nous intéresse particulièrement.

Pourriez-vous nous présenter l’exposition choisie pour inaugurer votre nouvel espace ?
Deux ans après une première exposition à Bruxelles, nous accueillons à nouveau l’artiste argentin Sergio Moscona, qui dévoile ses dernières recherches sur la tauromachie comme métaphore des relations humaines, dans le cadre de son exposition D’Autres Arènes. Son travail, empreint de considérations sociales, témoigne de la condition humaine, avec une force graphique inégalée, une singularité dans son trait qui est vraiment puissant.

Quelles sont les qualités requises pour être galeriste ?
Je ne suis pas galeriste depuis 20 ans mais je pense que l’essentiel est d’être vraiment passionné. Il faut croire en ses artistes, demeurer accueillant et prendre toujours le temps d’expliquer le travail proposé. Et cela quel que soit le visiteur, car il deviendra peut-être un collectionneur plus tard. Parfois de jeunes amateurs achètent de petites œuvres à des prix abordables et commencent ainsi une collection. Il ne faut donc pas avoir peur d’entrer dans les galeries d’art. L’art doit rester accessible au plus grand nombre. Lorsque je vois des jeunes qui s’intéressent et qui commencent une collection, je trouve cela génial !

Boris Rodesch

Jusqu’au 22 novembre
Sergio Moscona. D’Autres Arènes

www.galerie-lazarew.fr