Rencontre avec Coraly Aliboni, conservatrice du Musée des Beaux-Arts de Charleroi.

L’engouement autour de Charleroi se ressent-il particulièrement au niveau des arts plastiques ?

Oui, je sens une effervescence autour des arts plastiques à Charleroi. Le Musée des Beaux-Arts a profié de la très belle exposition Putain de guerre pour rencontrer un nouveau public et nouer de nouvelles collaborations et partenariats. À travers nos collections permanentes, nous exposons aussi et surtout notre patrimoine. Cela nous amène un public fidèle, scolaire et international. Grâce à l’aéroport, nous accueillons aussi les visiteurs étrangers qui ont le réflexe de fréquenter les musées lorsqu’ils arrivent dans une ville pour être directement en contact avec son histoire et son présent.

Le Musée des Beaux-Arts de Charleroi va-t-il – comme annoncé – bientôt déménager ?

Cela devrait se faire en 2017. Le nouveau Musée des Beaux-Arts s’installera au pied de la tour de Police. Cet hôtel de police construit par la ville et rénové par Jean Nouvel s’inscrit dans ce qui deviendra une nouvelle place urbaine puisque le quartier peut aussi profiter de l’agrandissement des bâtiments de Charleroi Danses (Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles).

Quelles sont les raisons principales de votre déménagement ?

Le musée est aujourd’hui trop proche du Palais des Beaux-Arts. Il y a clairement une confusion d’image.  Si les deux salles actuelles offrent de magnifiques possibilités en termes d’exposition, elles sont insuffisantes pour remplir toutes les fonctions d’un musée.

Que manque-t-il à Charleroi dans votre domaine pour donner plus d’ampleur aux arts plastiques ?

Le BPS22, qui vient de ré-ouvrir ses portes, a pris une autre dimension, le musée de la Photographie, installé depuis très longtemps, profite de son extension obtenue en 2007. Le Musée des Beaux-Arts trouvera naturellement ses marques lorsqu’il profitera de ses nouveaux locaux. Si vous ajoutez les initiatives privées, les asbl et autres associations alternatives, vous obtenez une offre cohérente, fruit de ces nombreux partenariats.  Ce souci de complémentarité qui habite l’ensemble des acteurs culturels de la ville est essentiel et me laisse croire qu’il ne manque pas grand chose à Charleroi…

Peut-on déjà parler d’un rayonnement au niveau international ?

Il y a déjà une image de Charleroi à l’étranger, qu’elle soit positive ou négative, nous avons une identité forte. La ville profite de cette image de caractère. Désormais, il faut encore la modeler. Un travail doit aussi être fourni en terme de communication. Il est évident que lorsqu’on vient à Charleroi, c’est encore compliqué. Les visiteurs ne repartent pas avec un sentiment de bien-être ou d’énergie positive. Nous sommes tous conscients qu’il va falloir du temps mais nous avons l’énergie, l’envie et l’enthousiasme.

Entretrien Boris Rodesch

Musée des Beaux-Arts de Charleroi

Place Charles II – 6000 Charleroi – Belgique