L’exposition est à l’image de son titre : Echolalia. La sonorité du mot résonne familièrement à nos oreilles alors que son sens profond semble nous échapper, et cela malgré les déconstructions linguistiques qui peuvent être tentées.

Dès son entrée dans l’exposition, l’on est happé par deux écrans en vis-à-vis sur lesquels sont projetées des photographies noir et blanc de forêts tropicales (The Parrot and the Nigjtingale, a Phantasmagoria). Immergé dans cette atmosphère exotique, bien que lointaine, la lecture du journal de bord de Christophe Colomb en fond sonore invite à l’exploration. Peu à peu, un décalage sémantique surgit entre les textes lus et leurs transcriptions en différentes versions du langage des signes, projetées elles aussi dans l’espace de l’installation. Une confusion s’installe alors au sein de l’ensemble. Sensation qui s’accentue d’autant plus lorsque l’on découvre que les images sont issues d’un ancien jardin botanique cubain et qu’elles échappent à la notion de territoire inconnu et de ‘Nouveau Monde’.

L’invitation au voyage se poursuit par six tapisseries monumentales, puis par l’accrochage de portraits de botanistes entremêlés aux plantes qu’ils ont découvertes et nommées de leur nom. Plus loin [...] STAIN [...], prolonge cette notion de taxinomie en rassemblant des éléments à première vue disparates dans des casiers. Ces derniers portent le titre évocateur d’une couleur (Malachit Green, Mauve, ou Sudan Black…), à laquelle est assortie une vitre teintée.

Les six œuvres réalisées entre 2009 et 2014, qu’Ana Torfs présente ici exploitent des techniques diverses allant de la photographie au tissage, de la projection de diapositives à l’estampe. Elles résultent toutes d’une imbrication complexe de jeux linguistiques, d’appropriations sémantiques et de poésie.  Des Tours de Babel constituées de toutes pièces par l’artiste bruxelloise introduisent d’emblée les préoccupations majeures de son œuvre : ‘Comment les choses sont nommées et décrites pour les saisir, et comment pendant leur transmission naissent sans cesse de nouvelles constellations de mots, d’images et de sons’.

Gwenaelle de Spa

 

Exposition

Jusqu’au 14 décembre 2014

Wiels

www.wiels.org