Jean-Luc Moerman expose un ensemble conséquent d’œuvres dans un espace en cours de réaffectation de 3000m² créé par Amandine Wittouck et Charles Breckpot. L’artiste a investi le lieu de manière élégante avec un large panorama de sa production artistique. On y retrouve l’ensemble de son œuvre hétéroclite avec ses toiles peintes, ses impressions de motifs sur cadres de vélo, sur tapis, sur plexiglass, sur miroirs ou encore ses aquarelles sur papier. Le motif Moerman, démultiplié sur des supports très variés, explore au mieux les possibilités de sa ligne qui s’apparente à un flux de courbes où s’allient le contrôle et le geste libérateur. Il y a une énergie inhérente à ses œuvres qui peut se déployer dans tous les interstices de la vie urbaine ou privée.

Son travail renferme la notion de mutation et transforme les lieux qu’il habite en de réels environnements picturaux. Il prend soin de l’intégrer de manière sensible à l’espace réel, en dehors de la toile, en créant de nombreuses œuvres in situ où le support disparaît. Cela va de pair avec son désir de se relier au monde et avec sa démarche de sensibiliser l’homme à l’art pour le fondre dans son cadre de vie.

Si on connaît ses tatouages à l’encre noire sur des icônes de tableaux anciens  – comme Le Radeau de La Méduse de Théodore Géricault ou encore Lucrèce de Lucas Cranach, on pointera les très beaux tableaux en noir sur noir dans lesquels le motif apparaît subtilement comme revenu d’un invisible indomptable. Sur ses toiles multicolores – correspondant à ses travaux récents – pinceau et peinture se mêlent au trait de marqueur dans une abstraction aléatoire qui témoigne de cette organicité omniprésente.

Mélange des styles, certes, mais surprenant et qui nous transporte dans un monde composite, quelque peu hors temps et à l’effet très contemporain.

Louise Van Reeth

Exposition

Jean-Luc Moerman

Jusqu’au 15 novembre 2015

www.louise186.be